La sécurité et les risques majeurs

La notion de risque majeur est étudiée en liaison avec le programme de géographie (des inégalités devant les risques). En éducation civique, l’approche est fondée sur le vécu des élèves pour s’élargir au territoire national et au monde. Les élèves devront être capables de déterminer les risques majeurs qui peuvent menacer leur environnement immédiat afin de comprendre et d’appliquer les règles de sécurité. Le rôle de l’État et des collectivités territoriales sera identifié. Cette étude doit amener les élèves à avoir une attitude responsable dans le cadre de la sécurité collective.

Qu’est-ce qu’un risque majeur ?

Il existe deux familles de risques majeurs : risques naturels (inondation, séisme, tempête, cyclone, mouvement de terrain, avalanche, feu de forêt, volcanisme) et risques technologiques (accident industriel, accident nucléaire, transport de matière dangereuse, rupture de barrage).

Pour que le risque soit majeur, il faut que sa gravité soit énorme à cause d’enjeux humains, économiques et environnementaux importants. C’est pourquoi le ministère chargé du développement durable a établi une échelle de gravité : de l’incident 0 (aucun blessé, dommages très faibles) à la catastrophe majeure 5 (1 000 morts ou plus, dommages matériels très élevés).

On peut aussi se poser la question pour certains risques pandémiques : dans quelle mesure peuvent-ils être considérés comme risques majeurs ?

À l’échelle mondiale, on notera l’inégale vulnérabilité des sociétés en fonction du développement et de la richesse (voir Les risques majeurs en France et dans le monde).

En France métropolitaine, le risque naturel le plus important est celui des inondations (par exemple, le Gard en 2002 avec 21 morts, le littoral vendéen en 2010 avec plus de 50 morts) ; les séismes, cyclones et éruptions volcaniques menacent surtout l’outre-mer. Les risques technologiques les plus représentés sont le risque nucléaire, le risque industriel (par exemple, l’explosion de l’usine AZF à Toulouse en 2001 avec 30 morts et plus de 3 000 blessés), le risque lié au transport de matières dangereuses et le risque de rupture de barrage (par exemple, la rupture du barrage de Malpasset au-dessus de Fréjus en 1959 avec 423 morts).

Quelles sont les mesures de sécurité prises contre les risques majeurs ?

À l’échelle mondiale, la prise de conscience est tardive : la première conférence mondiale sur la prévention des catastrophes a été organisée à Yokohama par les Nations unies en 1994.

À l’échelle européenne, c’est la catastrophe de Seveso près de Milan en 1976 qui est à l’origine de la première directive européenne. En France, la politique de prévention s’inscrit dans une logique de développement durable puisqu’elle tente de réduire les conséquences sociales, économiques et environnementales des événements potentiels.

Cette politique s’organise selon sept axes :

  • La connaissance des phénomènes, de l’aléa et du risque : elle permet la prévision et la surveillance (par exemple, les cartes de vigilance de météo-France).
  • Le système d’alerte d’un danger aux populations : le signal d’alerte est le même sur tout le territoire : il est émis par des sirènes diffusant trois séquences sonores successives de 1 mn 41 s chacune et séparées entre elles par un intervalle de 5 secondes. La population doit avant tout se mettre à l’abri dans un bâtiment et en outre, se mettre à l’écoute de la radio pour prendre les consignes des autorités.
  • L’information préventive et l’éducation : le Dicrim (Document d’information communal sur les risques majeurs), les programmes scolaires depuis 1993. Depuis 2002 (BO hors série n° 3 du 30 mai), il devrait y avoir dans chaque établissement scolaire un Plan particulier de mise en sûreté.
  • La prise en compte des risques dans l’aménagement : des PPR (Plan de prévention des risques naturels, loi de 1995) élaborés par les préfets et annexés aux PLU (Plan local d’urbanisme) ont pour objectif de contrôler le développement dans les zones exposées à un risque. Des PPRT (Plan de prévention des risques technologiques, 2003) sont aussi progressivement mis en place. Une législation concerne les établissements industriels dangereux depuis 1976. Les ICPE (Installation classée pour la protection de l’environnement), et spécialement les plus dangereux, classés Seveso I et II, sont particulièrement contrôlés.
  • La mitigation ou réduction de la vulnérabilité : elle implique les professionnels (entreprises du bâtiment…) et les particuliers.
  • La planification de l’organisation des secours : elle peut aller du plan communal de sauvegarde jusqu’au plan Orsec déclenché par le préfet. Celui-ci peut s’accompagner d’un PPI (Plan particulier d’intervention) pour les établissements classés Seveso, les barrages hydro-électriques ou les sites nucléaires.
  • La prise en compte du retour d’expérience pour améliorer la prévention et la gestion des risques.

Les acteurs sont donc multiples : ministères, collectivités territoriales, organismes publics mais aussi acteurs économiques et citoyens. La responsabilité aussi bien individuelle que collective est essentielle dans la prévention et la gestion des risques majeurs.

Comment éduquer aux risques majeurs ?

En éduquant aux risques majeurs, on forme des citoyens responsables. L’objectif est de favoriser un comportement plus sûr et plus solidaire. Il faut d’abord que les élèves acquièrent des notions-clés (risques, aléas, vulnérabilités…) et le vocabulaire approprié. Ces connaissances élaborées en géographie et en SVT sont réinvesties et mises en œuvre en éducation civique. Les élèves doivent aussi assimiler des règles qui font alors sens car elles sont appliquées dans un contexte quotidien. Enfin, ils doivent être capables d’analyser des situations face à un aléa et considérer les enjeux d’un œil critique. Grâce à une démarche concrète, les élèves sont déjà en situation d’acteurs.

Aller chercher l’information, avoir conscience du risque, écouter des acteurs de terrain (professionnels, élus…), s’impliquer dans la vie de l’établissement en participant à l’information, rechercher des solutions alternatives, se préparer à agir en tenant compte des autres, voilà des occasions pour les élèves de faire preuve de responsabilité, de solidarité, d’autonomie et d’esprit d’initiative.

Au-delà des connaissances théoriques et scientifiques sur les risques, les élèves doivent aussi et surtout apprendre à bien se comporter face à un évènement majeur et à mettre en œuvre les réflexes de sauvegarde. Ils doivent également apprendre les gestes de premier secours et connaître les missions des services de secours (afin de faire appel à eux de manière appropriée). L’ensemble de ces capacités feront d’eux des citoyens avertis, acteurs de la sécurité civile (comme le préconise la loi de modernisation de la sécurité civile du 13 août 2004). Rappelons que l’éducation des élèves aux risques, aux gestes de premier secours et aux missions des services de secours est une obligation légale inscrite dans l’article L. 312-13-1 du code de l’éducation.