un immeuble en feu
Les photos montrent l’évolution d’un incendie en façade. Avant d’être maîtrisé, le feu s’est propagé sur cinq étages, en progressant sous les dalles d’isolation ! En effet, les incendies concernant ce type de construction peuvent aussi bien se développer à l’extérieur qu’à l’intérieur de bâtiment.
La progression de l’incendie à l’extérieur : le feu de façade
Les incendies de tours et de barres
d’immeubles se caractérisent par le
risque de feu de façade (1). Ces feux
sont particulièrement dangereux
lorsque la façade de l’immeuble est
exposée au vent (2) et qu’il existe un
risque de reflux des flammes et des
fumées à l’intérieur des appartements.
Dans le cadre des nouvelles normes
environnementales, l’isolation de
bâtiments (3) est au cœur des préoc-
cupations actuelles car les matériaux
utilisés s’avèrent parfois être combus-
tibles. Les feux de façade sont égale-
ment favorisés par les balcons
encombrés d’objets (4) qui peuvent
s’enflammer lorsqu’ils sont atteints
par les flammes provenant de l’étage
inférieur.
À l’intérieur : empêcher la propagation du feu et préserver les installations de sécurité incendie
Si le danger peut venir de l’extérieur, il
peut aussi venir de l’intérieur du bâtiment.
Par exemple, la propagation des
flammes et de la fumée est significativement
accélérée lorsque les portes sont
laissées ouvertes (5) ou sont détériorées.
Il est donc absolument nécessaire de
fermer les portes entre le ou les appartements
incendiés et le couloir ainsi
qu’entre le couloir et l’escalier.
L’escalier devient la seule issue de
secours fiable car il est encloisonné,
donc à l’abri des fumées. En outre, il ne
faut jamais prendre l’ascenseur qui risquerait
d’être bloqué par le feu entre les
étages ! Par ailleurs, il est très important
de préserver les installations de sécurité
incendie. Dans chaque immeuble d’une hauteur inférieure à 50 mètres, on
trouve une « colonne sèche » (6, 7).
C’est une canalisation desservant les
étages et les sous-sols du bâtiment à
partir de chaque cage d’escalier. Elle est
équipée de prises permettant de la raccorder
aux lances incendie. En cas de
sinistre, ce dispositif de lutte contre
l’incendie est approvisionné en eau par
les véhicules des sapeurs-pompiers.
La colonne sèche assure ainsi l’approvisionnement
des soldats du feu intervenant
dans les étages de l’immeuble.
Cependant, elles sont parfois dégradées par l’introduction d’objets ou le vol de vannes et de raccords (6). En outre, par souci d’esthétisme, la copropriété dissimule parfois la prise de raccordement (7), empêchant les pompiers de la localiser rapidement et d’y raccorder les lances incendie.
Dans certains immeubles, des installations bloquent l’accès au toit et empêchent l’ouverture du dôme de désenfumage (8). Cela entrave l’évacuation des fumées et des gaz chauds en cas d’incendie et favorise leur accumulation dans la partie haute de l’immeuble. Or ce phénomène peut engendrer un embrasement généralisé éclair (cf. Le feu dans tous ses éclats).
Faciliter l’accès et le travail des sapeurs-pompiers
Le stationnement sauvage au pied de l’immeuble (9) peut empêcher les véhicules de secours de s’approcher de la façade du bâtiment et de déployer les échelles pivotantes, souvent appelées « grandes échelles ». En effet, pour attaquer les incendies d’immeubles (surtout en cas de feu de façade), les sapeurs-pompiers utilisent, dans la mesure du possible, des échelles pivotantes automatiques (10). Lorsque les couloirs et les escaliers sont impraticables, les échelles permettent le sauvetage et l’évacuation des occupants ainsi que l’acheminement des sapeurs-pompiers et de matériels. Cependant, leur utilisation est restreinte aux étages inférieurs car leur extension est souvent limitée à une hauteur de 28 mètres.



















Numéro 1
Numéro 2
Dossier Grippe