L’incendie reste la fortune de mer que les marins redoutent le plus. En effet, lorsque les premières actions de lutte sont inexistantes ou inefficaces, la propagation du sinistre est irrémédiable et très rapide. Les incendies de navire sont spectaculaires par leur ampleur et nécessitent des moyens lourds d’intervention pour espérer maîtriser le sinistre et éviter la perte totale du navire.
Cependant, le nombre d’incendies majeurs à bord des navires reste faible, grâce à des normes constructives de prévention et de lutte contre les incendies d’une part, et par la formation et la réactivité des équipages d’autre part.
Parti d’Istanbul, le cargo Und Adriyatik transporte environ deux cents camions et remorques, entreposés sur ses quatre ponts-garages, ainsi que 9 tonnes de produit dangereux dont la nature n’est pas précisée par le communiqué du ministère croate de la Mer. L’équipage se compose de vingt-deux membres et neuf passagers sont également présents à bord. Au large de la Croatie le 6 février 2008, le cargo est à moins de trois heures de navigation de Trieste (Italie), son port de destination, lorsqu’à 5 h 30 l’alarme se déclenche pour un incendie au pont principal.
D’abord, sauver les passagers et l’équipage…
Malgré l’heure matinale, l’ensemble de l’équipage et des passagers se regroupe rapidement au point de rassemblement. L’équipage prend les premières mesures contre l’incendie mais ces dernières restent inefficaces compte tenu de l’évolution dramatique du sinistre. Vers 6 h, le commandant transmet un message de détresse aux autorités maritimes croates et décide peu après de faire évacuer le navire.
Cependant, la propagation rapide de l’incendie et l’importante fumée dégagée à travers les différents ponts et coursives du navire barrent l’accès vers les canots de sauvetage. La seule solution pour le personnel est alors de se replier vers la proue du navire et de sauter à la mer.
Les membres d’équipage et les passagers se rassemblent dans l’eau autour d’un unique radeau de six places. Ils sont secourus vers 7 h par le ferry Ikarus palace qui s’est dérouté pour leur porter assistance. Il faut rappeler que le temps de survie d’un homme à la mer dans une eau à 20 °C est d’environ trois heures, de trente minutes pour une eau à 15 °C et seulement de quelques minutes pour une eau à 10 °C.
Si les conditions de mer n’avaient pas été favorables et si le ferry n’était pas arrivé aussi rapidement, le bilan de ce sinistre aurait été, sans nul doute, tragique.
…puis sauvegarder le navire si possible !
L’Und Adriyatik continue à brûler et à dériver vers les côtes croates pendant deux jours. L’ampleur du sinistre rend impossible toute approche du navire. Pour éviter son explosion, son naufrage et une pollution maritime, les autorités croates dépêchent des avions bombardiers d’eau et des bateaux-pompe qui sont dotés de moyens de pompage et de lutte contre les incendies (comme la mousse carbonique par exemple). Le 8 février, les secours peuvent enfin monter à bord et éteindre définitivement l’incendie. Le navire peut alors être remorqué pour le port de Trieste. Miraculeusement, les soutes à combustible, qui contiennent les hydrocarbures destinées au moteur du navire, sont restées intactes et la pollution maritime, tant redoutée, n’a pas eu lieu.
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Dossier Grippe